• Pauline T

Une transcription de qualité : les erreurs à éviter !

Mis à jour : juil. 2

- Ne compter que sur un seul appareil d’enregistrement audio. Les problèmes techniques sont fréquents quand on est en situation d’enregistrer un entretien. Alors, un professionnel de la transcription vous dira que pour éviter les mauvaises surprises (enregistrement audio vierge !), il faut toujours assurer ses arrières et prévoir deux appareils. Cela peut être un smartphone équipé d’une application d’enregistrement ET un dictaphone numérique placé à bonne distance des deux orateurs. De nos jours, tous les smartphones accueillent des applications "enregistreurs-dictaphones" tout à fait performantes et gratuites.

- Ne pas tenir compte du bruit environnant. Maintenant que vous êtes paré et bien équipé pour mener une interview à transcrire ultérieurement, il faut choisir le bon endroit. L’erreur la plus courante et qui mène bien souvent à un enregistrement audio de mauvaise qualité est d’organiser l’entretien dans un lieu bruyant, où il y a beaucoup de passages, dans une pièce à forte résonance, avec une fenêtre ouverte qui laisse entrer les bruits de circulation. Les lieux à éviter (qui sont pourtant très souvent choisis pour tenir des entretiens) : lieux publics, grande salle vide alors que l’entrevue se fait à deux, salles avec fenêtre ouverte sur un axe de circulation, salle donnant sur un couloir avec des allées et venues permanentes, ou avec une porte qui claque toutes les deux minutes, cantine collective, en extérieur !


- Laisser votre interlocuteur parler bas ou sans articuler. Cela peut paraître délicat de le signaler à votre interlocuteur en cours d’entrevue, car cela peut être mal reçu par la personne. Alors, le plus simple est de faire vos recommandations générales en début de séance. Introduisez votre échange ainsi : notre entretien va être enregistré et travaillé par une professionnelle de la transcription, je demande donc aux personnes interrogées de faire un effort d’articulation et de parler bien fort pour faciliter son travail d’audiotypie. Cela évitera les contresens et les mauvaises interprétations. Ainsi, votre interlocuteur ne reçoit pas la remarque personnellement. Montrez l’exemple, si vous parlez bas ou baissez le ton, la personne aura tendance à se caler sur votre niveau sonore. Ce préalable à l’échange montre aussi à la personne que vous sollicitez que vous êtes soucieux de reporter de manière fidèle ses propos à l’écrit et que vous donnez à sa contribution toute la considération qu’elle mérite.

- Ne pas faire de test au démarrage NI en cours de transcription audio. Quand on débute, on n’ose pas prendre le temps de tester, par peur de passer pour un amateur. Mais au contraire, tester, vérifier, ajuster est une preuve de votre sérieux et de votre professionnalisme. Faites un test avec votre voix et celle de votre interlocuteur. Celui-ci prendra d'ailleurs conscience en direct qu’il ne parle peut-être pas assez fort ou pas assez distinctement, et il ajustera sa diction et le niveau sonore de sa voix.


- Laisser une cacophonie s’installer. L’échange peut être dense, les paroles peuvent se superposer. Encore une fois, montrez l’exemple. Laissez la personne finir ses phrases sans l'interrompre. Notez les questions ou remarques sur un bloc-notes si elles vous viennent en réaction aux propos tenus, puis laissez-la aller au bout de son propos. Quand elle a fini, marquez un silence et là, reformulez ou posez-lui les questions qui ont surgi. Parler en même temps ne permet pas une transcription fidèle des paroles de chacun.


- Enregistrer une dizaine d’entretiens sans écouter de manière critique. C’est en écoutant attentivement le premier enregistrement et même en faisant un test de transcription audio que vous allez détecter toutes vos erreurs : mauvais endroit, mauvais son, flux de parole trop rapide, questions trop longues, etc. Croyez-moi, rectifier dès le deuxième enregistrement vous fera gagner en temps et en qualité d’analyse ! Rien de pire que de se retrouver avec 25 heures audio inexploitables ou sans grand intérêt.



Si vous évitez ces quelques erreurs, la saisie sous Word de l’enregistrement de votre entretien en sera facilitée par la suite. Même un bon audiotypiste ne pourra rien exploiter d’un fichier audio contenant des bruits parasites, présentant un niveau sonore trop faible ou un échange haché (phrases non finies…) et non structuré.

Voilà les quelques erreurs à ne pas faire quand on entreprend un travail de recherche dont l'une des matières à travailler sont des entretiens à transcrire avant analyse. L'autre élément essentiel à la réussite de votre projet de transcription est le recours à un professionnel expérimenté, disponible et réactif. Mais à quel prestataire devez-vous faire appel ? Un audiotypiste ? Un transcripteur ?


Le saviez-vous ?

L’audiotypie est l’équivalent de la transcription, elle consiste à retranscrire des fichiers audio ou vidéo ou interventions orales sous forme de texte. Ainsi, l’audiotypiste est la professionnelle dactylographiant un texte d'après l'écoute d'un enregistrement. Dans l’usage, on entend plus souvent le nom de transcriptrice/transcripteur.


Doit-on vraiment vous convaincre de l'importance de choisir un transcripteur expert ? Pourquoi ? Parce qu'il vous offrira une complémentarité dans ses prestations : rapidité d'exécution (retranscrire est chronophage), connaissance des différents types de transcriptions, maîtrise de la langue française. Un bon audiotypiste ne doit pas se contenter de taper vite sur un clavier, il doit aussi avoir le réflexe de la recherche orthographique, sémantique, grammaticale. La maîtrise des règles de ponctuation est aussi primordiale. La ponctuation est un élément de sens et d'intonation. Une mauvaise ponctuation peut déformer les propos d'une personne. Ponctuer d'un point ou d'un point d'exclamation, ce n'est pas la même chose. Et l'art de la ponctuation est très subtil. Votre objectif n'est-il pas de reporter fidèlement et précisément la parole de votre interlocuteur, ses idées, son vécu et ses émotions.


Retranscrire un entretien oral sous forme d'écrit requiert un matériel spécifique : logiciel professionnel de transcription, casque d'écoute performant, logiciel de correction qui supprime les coquilles fréquentes lors d'une dactylographie rapide et aiguille le professionnel dans un contexte technique (vocabulaire spécifique à un domaine : médical, juridique, scientifique).



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