• Pauline T

Comment trouver un bon correcteur professionnel ?

Mis à jour : 29 juil. 2019

L'écriture de votre texte achevée, vous cherchez un correcteur professionnel compétent. Si les propositions de service de correction ne manquent pas sur le Web, les opportunistes qui s'improvisent correcteurs d'un jour sont aussi très nombreux. Voici comment lire entre les lignes et trouver le bon correcteur.

Identification de l'activité professionnelle : Le correcteur possède-t-il un numéro Siret ? Le numéro d’identification unique de l’entreprise est un premier indice pour distinguer les correcteurs professionnels des correcteurs occasionnels. Si le prestataire n’est pas en mesure de vous communiquer un numéro, il n’est pas professionnel. Mais la vérification ne doit pas s’arrêter là. Si un numéro Siret est transmis, ayez le réflexe de vérifier à quelle activité celui-ci est rattaché. Correspond-il à l'activité de correction de documents ? Vous constaterez que nombreux sont les profils inscrits sur les plateformes de services qui possèdent un numéro de Siret lié à une activité de vente et non de correction. Alors, avant de jeter votre dévolu sur un profil, vérifiez quelle activité le "professionnel" exerce officiellement. Ce serait dommage de confier la lecture de votre roman ou mémoire à une personne qui tue le temps entre deux autres tâches. Parfois, le numéro ne correspond même pas au nom ! Si le professionnel exerce deux activités, elles doivent être légalement enregistrées et figurer toutes les deux sur les sites officiels de référencement d’entreprises. Si la personne se dit correctrice et que son numéro de Siret annonce une activité de vente, elle n’est pas en règle. Dans ce cas, vous n’avez aucun moyen de savoir si elle corrige des textes depuis l’avant-veille ou depuis des années, de manière occasionnelle ou fréquente. Quoi qu’il en soit, la situation n’est pas claire.


Inspection du site Internet : Le correcteur a-t-il un site Internet ? Investir dans le développement d'un site Internet est un signe d'engagement réel dans une activité professionnelle. Cela signifie que le professionnel a fait de la correction de documents sont métier à plein temps et non une occasion d’arrondir ses fins de mois ou d’occuper les plages publicitaires entre deux épisodes de série télé. Visiter le site du correcteur vous permet aussi de juger de sa qualité rédactionnelle. Si vous cherchez un spécialiste de l’écrit, les articles publiés sur son site Internet sont un critère de premier plan. Par ailleurs, le correcteur ou la correctrice y communique souvent des informations essentielles telles que ses références et expériences, sa formation et ses diplômes. Portez votre attention sur le blog, si la personne y traite du bon usage de la langue française, vous pourrez mesurer sa maîtrise du sujet. Toutes ces informations sont des éléments tangibles pour identifier à qui vous avez affaire. Si, après dix minutes de visite sur le site Internet, vous n'avez toujours pas compris qui reliera votre document, car le "nous" est employé sans aucune précision, vous êtes face à une agence qui sous-traite et paie plus ou moins bien ses collaborateurs. Aucun moyen de savoir si la personne qui s'occupera de votre dossier est qualifiée pour faire le job ! De plus, le risque est de payer des intermédiaires et de se retrouver avec un devis 30% plus cher que les prix moyens pratiqués dans le secteur de la correction pour une qualité pas forcément plus élevée.

Certification de formation : Le correcteur est-il formé à son métier ? Beaucoup de personnes en reconversion ou en mal d'occupation se lancent dans la correction de textes sans aucune qualification. Le niveau de français connaissant une réelle baisse, certains pensent ne pas être "trop mauvais" à l'écrit et pouvoir faire illusion face à des personnes qui ont de réelles difficultés en français. Comme toute profession, le métier de correcteur s'apprend initialement par des formations. Alors, renseignez-vous sur le cursus de la personne. Si sa formation n'a rien à voir avec la correction, méfiance. L'exemple des professeurs de français qui veulent occuper leur retraite est révélateur. Vous verrez souvent l'annonce suivante : "Professeur de Français à la retraite propose ses services de correction" ... Si vous avez l’œil aiguisé, vous noterez que cette courte phrase d'accroche contient une erreur d'orthotypographie. Et elle est très fréquente dans les annonces gratuites publiées sur le Web. Un correcteur professionnel aurait écrit "Professeur de français" sans majuscule à "français". On peut être enseignant et ne pas connaître les règles d'orthotypographie...

Demande de preuves de publications : Le correcteur collabore-t-il avec des maisons d'édition ou des entreprises connues ? C'est une chose de supprimer quelques fautes dans un texte court (avec autant de fautes laissées), c'en est une autre de corriger un texte de plusieurs centaines de pages destiné à une large publication. En tant que correctrice, je constate au quotidien sur les plateformes de services sur lesquelles n’importe qui peut proposer n’importe quel service que les correcteurs d’un jour se positionnent sur les documents de petite taille et ignorent les travaux de correction d’ampleur. C’est comme cela que j’identifie les opportunistes sur le marché. Les publications corrigées sont souvent mises en avant sur le site Web d'un correcteur. En survolant la page dédiée, vous découvrirez quels sujets le professionnel a déjà traités, s'il exerce son savoir-faire en édition, en entreprise, dans le milieu universitaire, auprès des particuliers. Ou s'il navigue d'un monde à l'autre comme un poisson dans l'eau.

Demande de devis et facture : Le correcteur est-il en mesure de vous établir un devis et une facture ? Des informations essentielles doivent figurer sur celui-ci : nom, adresse, numéro de Siret, moyen de paiement, conditions générales de vente. Les CGV sont aussi un indicateur du sérieux du professionnel. Elles reflètent le professionnalisme du prestataire. Si elles sont inexistantes, le professionnel ne s’est pas posé la question de la manière de résoudre un désaccord entre auteur et correcteur. La satisfaction client n’est pas sa préoccupation première. Tout prestataire doit pouvoir proposer un recours si vous n’êtes pas satisfait du service. Il doit énoncer clairement les conditions dans lesquelles va se dérouler la prestation. Le service de correction ne déroge pas à la règle. Ce n’est pas un service qu’on rend en faisant de l’à-peu-près. Si le prestataire refuse de vous transmettre ces informations, le risque d'une prestation bâclée est grand. Et celui de payer un travail non déclaré encore plus grand.


Test de correction : Le correcteur est souvent sollicité pour effectuer des tests de correction avant d'effectuer une prestation payée. Les choses doivent être clarifiées à se sujet. C'est une pratique acceptée et légitimée dans le cadre d'une sélection pour intégrer un service de correction d'édition ou de presse. Le test de correction est l'équivalent d'un test d'embauche. Il se justifie par l'éventualité d'une signature d'un contrat entre l'éditeur et le correcteur. Si vous êtes un particulier et êtes en quête d'une personne pour corriger un texte de dix pages ou un seul roman, le test ne se justifie pas. Comme dans tout autre secteur d'activité, le choix du prestataire de service doit s'opérer selon des critères habituels : réputation, références, attestations, expérience, formation, etc. Vous n'êtes pas en droit d'exiger qu'une personne travaille gracieusement un document "juste pour voir ce qu'elle vaut en orthographe". Si vous n'avez pas de contrat à lui faire signer en cas de satisfaction, vous ne pouvez le soumettre à une telle pratique. Certains confrères acceptent encore ces tests de correction à tout-va ! Un pro installé dans son activité et vivant de celle-ci n'a pas le temps de répondre à ce genre de sollicitation. La meilleure façon de tester un correcteur est de lui confier une petite partie de votre texte et de juger le travail effectué dans des conditions décentes, respectueuses et légales (c'est-à-dire contre rémunération). La confiance et le respect sont des bases saines et essentielles pour une collaboration constructive entre auteur et correcteur.