• Pauline T

À vos ordres, mon capitaine !

C'est à cette catégorie qu'appartenait le lieutenant d'Aulnay-Pradelle. Tout le monde, en parlant de lui, laissait tomber le prénom, la particule, le "Aulnay", le tiret et disait simplement "Pradelle", on savait que ça le foutait en pétard. (Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre).

Vous écrivez un roman historique ou un roman de guerre dans lequel l'un de vos personnages se retrouve sur un champ de bataille, et là, vous vous retrouvez à lutter contre des lieutenant, caporal, général.


Eh oui, une question typo se pose : faut-il mettre une majuscule aux fonctions et grades militaires ?

Et il faut avouer qu'ils sont nombreux... soldat, matelot, caporal, sergent, adjudant, major, sous-lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant, colonel, amiral, maréchal.


  • Dans la formule d'appel d'un courrier/courriel ainsi que dans la formule de salutation, comme pour les titres de civilité, les grades militaires prennent la majuscule :


Veuillez agréer, Colonel Lemaire, l’expression de mes sentiments distingués.


En dehors des courriers, on pourrait être tenté de mettre une majuscule - dans une volonté de distinction -, mais ce serait à tort, les fonctions et grades militaires prennent la minuscule. Je connais deux exceptions, celle pour évoquer le Général (De Gaulle) et l'Empereur (Napoléon Ier).


  • Une autre hésitation s'observe dans l'emploi du trait d'union dans les grades militaires. Ils sont légion mais pas systématiques. La règle est bien fixée, pensez à vérifier dans un dictionnaire si le trait d'union s'impose.

Voici quelques exemples :

- caporal-chef ;

- lieutenant-colonel, sous-lieutenant, adjudant-chef, brigadier-chef, sergent-major, vice-amiral, etc.


Les fonctions composées avec "général" ne prennent pas la majuscule - commissaire général, médecin général, ingénieur général, ni ceux contenant maître - maître principal, premier maître, second maître.


  • Dans un roman, quand on désigne un militaire, le terme s'écrit en minuscules. Si deux personnages sont militaires et dialoguent, là l'usage varie. On peut rencontrer des "à vos ordres, mon Général !". Mais la minuscule est plus courante.


Pour illustration, voici un extrait du roman Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre (Albin Michel).

La sueur ruisselle entre ses omoplates, sur son front, lui brouille la vue. Ses tremblements gagnent en amplitude et il se met à pisser là, debout, très lentement. Le général et le lieutenant regardent la tache s'élargir au niveau de la braguette, descendre vers les pieds.
Dire quelque chose. Albert cherche, ne trouve rien. Le général a repris l'offensive, c'est une chose qu'il connaît, ça, l'offensive, en tant que général.
- Le lieutenant d'Aulnay-Pradelle est formel, il vous a parfaitement vu vous jeter dans la vase. N'est-ce pas Pradelle ?
- Parfaitement vu, mon général. Tout à fait.
- Alors, soldat Maillard ?
Ce n'est pas faute de chercher les mots si Albert ne peut en articuler un seul. Il bredouille :
- C'est pas ça...
Le général fronce les sourcils.
- Comment c'est pas ça ? Vous avez participé à l'attaque jusqu'au bout ?
- Euh non...
Il devrait dire "Non, mon général", mais impossible de penser à tout, dans cette situation."


14 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout